Surnommé "la cage à poule" en raison de sa structure très arachnéenne, le
Caudron G3 fut le premier avion ayant fait l'objet d'une production
industrielle.
Construit en de très nombreuses versions, le total des appareils
atteindra 2540 exemplaires. De construction très classique pour l'époque (bois,
tube métallique et toile pour les surfaces portantes), il se voit employé dès
1913 par l'armée Française, mais se trouve d'abord cantonné à l'observation et à
l'écolage des pilotes à Reims.
A la déclaration de guerre, les
escadrilles "Caudron" sont engagées dans des opérations de reconnaissance et de
réglage de tir pour l'artillerie; voire après modification des appareils, pour
de la photographie aérienne.
Le G3 n'en perd pas pour autant ses prérogatives de
professeur de vol, dont il fera profiter des gens tels que: -FONCK, FRONVAL,
DELMOTTE, etc...
Apprécier par beaucoup, le G3 demeure en service bien
après la fin des hostilités de la première guerre mondiale, vendu à de nombreux
clubs, ainsi qu'à des particuliers, il accomplira encore pendant dix ans de
fameux exploits :
- Jules VEDRINE se pose le 19 Janvier 1919 sur le toit des
"Galeries Lafayette".
- Adrienne BOLLAND traverse la Codillière des Andes:
de MENDOZA à SANTIAGO DU CHILI le 1er Avril 1921, en 3H15 à plus de 4000 mètres
d'altitude (le G3 plafonnait à 4200 mètres).
- Le Suisse François DURAFOUR,
atterrit en première mondiale au col de DOME près du Mont Blanc le 30 Juillet
1921.
Histoire
Quelques mois avant la Grande Guerre, les deux frères CAUDRON (encore une équipe fraternelle !) présentèrent un biplan aux ailes inégales d’envergure : le G-3. D’emblée, cette machine connut un succès rarement atteint dans les annales de l’aviation.
L’année, les grands pilotes ainsi que de nombreux sportifs furent unanimes à vanter ses qualités exceptionnelles. Pour les frères CAUDRON, c’était la consécration immédiate. Les circonstances aidant, les commandes militaires affluèrent à leurs ateliers.
Particulièrement maniable, d’une solidité extraordinaire, souple, permettant même les fautes de pilotage, le G-3 avait reçu un sobriquet qui lui resta : la " cage à poule " (sans doute parce que le pilote était enfermé derrière un treillis de mâts, semblable à celui des cages à volaille emportées au marché par les paysans).
Les excellentes caractéristiques du G-3 en firent un des meilleurs appareils d’observation et de reconnaissance ; et quand la guerre eut éclaté, il participa aux premières missions dévolues à l’aviation.
Quoique remplacée sur le front par les appareils plus puissants qui vinrent ensuite, la fameuse " cage à poule " continua sa carrière en servant jusqu’à l’Armistice (et même au-delà) à la formation de pilotes à l’arrière ; tâche qu’il partageait avec le Blériot " Pingouin ", utilisé surtout pour initier les débutants aux évolutions au sol et aux bonds de puce...
Ce fut donc, le plus souvent, à bord du G-3 que les as français et des légions d’aviateurs anonymes apprirent à piloter : aussi les rescapés de la grande tourmente lui gardèrent-ils toujours une véritable affection...
Le modèle initial des Caudron était doté d’une structure qui, par surbaissement, servait en même temps de train d’atterrissage et de béquille.
Par la suite, les G-3 furent spécialement aménagés pour l’entraînement des jeunes pilotes.
Et ce devait être à bord d’un appareil du même type qu’en 1921, l’aviatrice française Adrienne Bolland réussit, seule, un exploit prestigieux : la traversée, en 3 heures 15 minutes, de la Cordillère des Andes dont les montagnes dressent, à 6.000 mètres, leurs sommets balayés par un vent de glace !.